Atelier EPC2026 sur les approches internationales des infrastructures de données relatives aux migrations tout au long de la vieBologne, Italie, 3 juin 2026
Le comité scientifique de l'UIESP sur les migrations tout au long de la vie a organisé un atelier intitulé « Global Perspectives in Lifetime Migration Data Infrastructures » le 3 juin 2026, en marge de la Conférence européenne sur la population qui s'est tenue à l'Université de Bologne. L'atelier a rassemblé des chercheurs travaillant sur de nouvelles infrastructures de données longitudinales et couplées qui transforment l'étude des migrations en permettant aux chercheurs de concevoir la mobilité comme un processus dynamique s'inscrivant dans le parcours de vie, plutôt que comme un événement ponctuel.
L’atelier a réuni 25 participants et a permis de discuter de sources de données émergentes provenant de différentes régions du monde et de divers types, ainsi que des défis méthodologiques et institutionnels liés à la création d'infrastructures de données durables sur les migrations. Cet atelier s'inscrivait dans le programme du comité visant à promouvoir les approches fondées sur le parcours de vie dans la recherche sur les migrations.
L'atelier était animé par Sergi Vidal (CED-CERCA / Universitat Autònoma de Barcelona), qui préside le comité, et comprenait quatre présentations mettant en lumière des infrastructures de données innovantes issues de contextes géographiques variés. Elizabeth Jacobs (University of Connecticut, États-Unis) a montré comment l’historique des emplois tirés de LinkedIn peut servir de nouvelle source de données de traces numériques pour reconstituer les trajectoires de migration et de mobilité. Niklas Murken (Université de Potsdam, Allemagne) a abordé la conception et la mise en œuvre de l'étude « Senegal Migration Panel Study ». Victoria Prieto (Universidad de la República, Uruguay) a illustré le potentiel du « Latin American Migration Project » pour l’étude de la mobilité intra-latino-américaine. Enfin, Carren Ginsburg (Université du Witwatersrand, Afrique du Sud) a présenté une étude de cohorte longitudinale sur les migrations internes en Afrique du Sud illustrant les opportunités et les défis liés au suivi de populations très mobiles au sein de communautés rurales.
Les présentations ont mis en évidence plusieurs exemples de ce que l'on peut considérer comme des infrastructures de données sur les migrations de nouvelle génération, notamment les enquêtes longitudinales, les données de traces numériques et les ensembles de données migratoires harmonisés à l'échelle internationale. Parallèlement, l'atelier a encouragé une réflexion critique sur les limites des systèmes existants. Au cours d’une discussion animée, les participants ont examiné les défis persistants liés à l'identification et au suivi des migrants dans le temps, au maintien du suivi longitudinal auprès de populations mobiles et à la nécessité de garantir que les données migratoires saisissent adéquatement la complexité temporelle des trajectoires de mobilité. Une attention particulière a été portée aux difficultés liées à l'observation de la migration en tant que processus s'inscrivant dans le parcours de vie, ainsi qu'au risque que de nombreuses infrastructures existantes continuent de négliger des dimensions importantes de la mobilité, en particulier au sein des populations très mobiles, vulnérables ou transnationales.
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