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Séminaire UIESP sur l’avortement médicamenteux : disponibilité, utilisation et impact sur la santé des femmes et la sécurité des avortements

Dakar, Sénégal, 6-8 juillet 2016 


Organisé par le Comité scientifique de l’UIESP sur les Recherches en matière d’avortement et le bureau du Population Council de Dakar.

Présidente : Susheela Singh ; 

Membres : Harriet Birungi, Agnes Guillaume, Ndola Prata et Sabina Rashid.


Le séminaire a bénéficié d’un soutien technique et financier du consortium de recherche STEP UP (Strengthening Evidence for Programming on Unintended Pregnancy),  soutenu par UK aid du Gouvernement du Royaume Uni, ainsi que d’un soutien financier de la part du Ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, du Bixby Center for Population Health and Sustainability, de l’Université de Californie, Berkeley, et du Centre Population et Développement (CEPED, France). 



Le séminaire a rassemblé 29 participants venant de toutes les régions du monde, incluant des chercheurs chevronnés et de jeunes chercheurs, dont quelques étudiants en Master. La réunion a permis aux chercheurs de présenter des résultats d’études en cours sur l’utilisation de l’avortement médicamenteux pour mettre terme à une grossesse dans le cadre de différents contextes légaux. Du fait de la difficulté de mener des recherches sur l’avortement, notamment dans des cadres où le procédé est extrêmement restreint par la loi, mais aussi en raison de la stigmatisation importante qui accompagne généralement le recours à l’avortement quelle que soit la législation en vigueur,  les participants ont particulièrement apprécié l’occasion qui leur était donnée de discuter leurs plans et méthodes de recherche. Les 14 communications portaient sur l’utilisation du misoprostol seul (moins efficace mais disponible en cas de restriction légale) ainsi que sur l’utilisation d’une méthode combinée (mifepristone associée au misoprostol, très efficace mais disponible seulement là où l’avortement est largement autorisé). Par ailleurs, deux tables rondes ont porté sur l’identification des questions de recherche prioritaires et sur les nouvelles approches méthodologiques prometteuses dans le domaine.


 

Quelques communications traitaient de l’utilisation du misoprostol seul, une méthode disponible dans les pays où l’avortement est fortement restreint par la loi. Ces communications ont porté sur les barrières institutionnelles qui sont érigées dans de tels contextes et sur les procédures complexes qui doivent être mises en œuvre dans certains pays pour disposer du médicament. Elles ont aussi montré la pauvreté de l’information sur la façon d’utiliser la méthode donnée aussi bien aux femmes qu’aux professionnels de santé, avec pour conséquence une fréquence importante de complications.


Une communication a présenté les résultats d’une intervention au niveau communautaire visant à fournir à des réfugiées birmanes en Thaïlande une information et un accès au misoprostol pour mettre fin à une grossesse dans les 9 premières semaines de gestation. Une autre communication a évalué une opération assurée par des fournisseurs privés et montré que celle-ci avait eu pour résultat une meilleure disponibilité du médicament et une amélioration des connaissances et pratiques de ces fournisseurs. Toutefois, des problèmes importants subsistent, comme une connaissance insuffisante des dosages corrects des médicaments abortifs notamment chez les pharmaciens et de façon plus surprenante une diminution de la qualité des soins de santé, particulièrement en ce qui concerne les services de planning familial.

 

Plus de la moitié des communications portaient sur des contextes où l’avortement est largement autorisé (Inde, Mexico et Zambie) ou sur des cas où, en dépit d’une législation très restrictive, il peut être proposé sous certaines conditions (comme les Menstrual Regulation procedures au Bangladesh). Ces communications ont traité de l’utilisation de la méthode combinée (misoprostol et mifepristone) et ont présenté des interventions visant à améliorer l’accès et l’efficacité de la méthode (par exemple au Bangladesh la mise en place d’un centre d’appel ou d’une hotline comme moyen de réduction des complications dangereuses). Quelques communications ont également porté sur la sécurité et l’efficacité de la méthode lorsque la distribution est effectuée au niveau des pharmacies.  Une communication a passé en revue les changements observés sur le long terme au cours d’un programme de santé public dans la ville de Mexico, tandis qu’une autre analysait des données à large échelle sur des femmes ayant recouru à l’avorteml’avortement dans des établissements médicaux de neuf états indiens pour mieux comprendre les différences de fourniture de service entre les secteurs privé et public, ainsi que pour identifier les caractéristiques des femmes recourant à divers types de procédures. Une présentation enfin a traité des nouveaux plans et méthodes de recherche pour mesurer l’utilisation de l’avortement médicamenteux par misoprostol, afin d’améliorer l’estimation de l’incidence des avortements dans des contextes de forte restriction légale.  


Voir aussi :

 

Plan de publication : Les participants ont été encouragés à soumettre leurs papiers dans le cadre d’un appel à publication pour le supplément d’une revue portant sur l’avortement médicamenteux. Par ailleurs, les membres du comité explorent la possibilité de publier un ou deux commentaires écrits à partir des échanges au cours des deux tables rondes portant sur les priorités pour la recherche sur l’avortement médicamenteux et sur les nouveaux plans et méthodes de recherche dans le domaine. 

 

© Les photos ci-dessus ont été prises par Mary Ellen Zuppan, Hassan Mahmood et Nafissatou Diop.

 

 

 

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