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Séminaire de l'UIESP : Rupture et remise en couple dans le monde 

Montréal, Canada, 4–6 mai 2015 


Organisé par le Comité scientifique de l'UIESP sur la nuptialité

  • Présidente : Julieta Quilodran (El Colegio de México)
  • Membres: Narayanaswamy Audinarayana (Bharathiar University); Andrew Cherlin (Johns Hopkins University); Clara Cortina (Universitat Pompeu Fabra); Bilampoa Gnoumou Thiombiano (Université de Ouagadougou); Benoît Laplante (Institut national de la recherche scientifique).

 

Les niveaux de dissolution des unions varient considérablement dans le monde. L’augmentation des taux de séparation et de divorce apparaît liée à l’augmentation de la cohabitation observée à des degrés variables dans différentes régions du monde. Ces tendances à la hausse de la fréquence des unions informelles, des séparations et des divorces pourraient conduire à la formation de nouvelles conjugalités et à la création de nouveaux types de famille qui à leur tour pourraient influer sur les cycles de vie individuels, les responsabilités familiales, les relations de genre et le bien-être des femmes, des hommes et des enfants. Dans ce contexte, le Comité scientifique de l’UIESP sur la nuptialité a décidé de consacrer son deuxième séminaire à l’étude des séparations, des divorces, des remises en couple et des remariages, aux différences de calendrier et d’intensité selon la localisation géographique (pays, régions, urbain/rural), selon les cultures ou les idéologies et selon les caractéristiques socio-économiques (instruction, profession, genre, etc.). 


 

Le séminaire s’est tenu à l’Institut national de la recherche scientifique à Montréal (Canada) du 4 au 6 mai 2015. Trente-trois chercheurs (orateurs, discutants, invités spéciaux, membres du comité) de quinze pays différents y ont assisté. La plus grande partie des participants étaient des démographes étudiant ou travaillant dans une université ou un institut de recherche. Les auteurs de communications ont utilisé des sources de données diverses (recensements,  données administratives, enquêtes et entretiens) et différentes méthodes, selon les données disponibles dans le pays ou la région qu’ils étudiaient. Ils se sont surtout intéressés aux séparations et aux divorces, un plus petit nombre de communications portant sur les remises en couple et les remariages et quelques-unes sur les conséquences des ruptures d’union.  Trois communications portaient plus précisément sur les relations entre l’autonomie des femmes et le divorce. En plus des séances ordinaires, le programme du comprenait trois conférences spéciales.

 

Les organisateurs ont construit le programme en regroupant les communications qui utilisaient des méthodes similaires ou traitaient de sujets proches :

• Perspectives longitudinales et transversales sur les ruptures d’union

• Micro et macro conséquences des ruptures d’union

• Perspective culturelle sur les ruptures d’union

• Perspective socioéconomique sur les ruptures d’union

• Remise en couple

• Structure familiale et relations intrafamiliales  
  après la rupture

• Femmes et divorce 

• Remarques finales

 

Le séminaire s’est conclu sur une conférence d’Andrew Cherlin qui a tiré les principaux enseignements issus des communications présentées. Il a ainsi souligné qu’il existe une grande variété dans les niveaux de dissolution des unions à travers le monde, mais aussi à l’intérieur des grandes régions et même des pays.  Cependant les dissolutions semblent augmenter dans les systèmes à faible divortialité tels que définis par William J. Goode et  se stabiliser ou se réduire dans les systèmes à divortialité élevée. Cette constatation amène Andrew Cherlin à l’hypothèse que l’on pourrait assister au début d’une convergence des modèles de dissolution vers des taux modérés ou élevés dans l’ensemble du monde.  


 

Andrew Cherlin a aussi recommandé aux démographes de rester prudents et de ne pas perdre de vue le sens des données qu’ils utilisent en essayant de saisir la complexité des processus de formation des couples, de rupture et de remise en couple. Certaines des recherches présentées ont tenté d’aller au-delà des données usuelles pour questionner les perceptions et les motivations. D’autres ont essayé de démêler les facteurs en utilisant plusieurs niveaux d’analyse pour brosser un tableau complet des tendances et de leurs déterminants. Souvent, les démographes utilisent des données limitées dans le temps, qui réduisent un processus lent, étalé dans le temps, à un seul événement se produisant à un moment donné et ne permettent pas de cerner des relations qui dépassent les limites du ménage. Voilà quelques-unes des difficultés rencontrées dans la recherche sur les trajectoires conjugales. 



Quelques lacunes et implications politiques

  • Il devient de plus en plus difficile d’étudier les transitions conjugales en Afrique sub-saharienne car les histoires maritales sont de moins en moins souvent recueillies dans les enquêtes.
  • Avec l’augmentation des unions cohabitantes en Amérique du nord et en Europe, il devient indispensable d’inclure les deux types d’union, cohabitation et mariage,  dans l’étude des ruptures d’union et des remises en couple. Cependant la signification et les niveaux d’engagement de ces deux types d’union ne sont pas les mêmes et affectent les taux de dissolution.
  • L’étude des trajectoires familiales doit aller au-delà du ménage, ce qui est parfois difficile quand on travaille par exemple avec les données de recensement. 
  • Dans quelques pays, les unions cohabitantes se sont développées en dehors de la loi et sont considérées comme des unions sans contrat. Il n’y a quelquefois aucune disposition légale concernant la répartition des biens ou le règlement de pensions à l’ex-épouse, ce qui représente un défi pour les systèmes légaux.
  • Les conditions économiques des femmes après la rupture ou la remise en couple, comparées à celles des hommes, sont encore largement méconnues. 

 

Pour lire plus sur le contenu des communications, les conclusions d’Andrew Cherlin, les lacunes de la recherche, les défis et les implications politiques, lire le rapport complet :

 

A lire : 

 Le rapport du séminaire, le programme et la liste des participants.

 Les communications

 

Plan de publication : Une sélection des communications a été soumise pour publication dans un numéro spécial de Demographic Research.

 

Financement : Le séminaire a bénéficié d’un soutien financier de Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, du Fonds de recherche du Québec – Société et Culture, du Population Change and Lifecourse Strategic Knowledge Cluster, de l'Institut national de la recherche scientifique, du Partenariat Familles en mouvance et du Wellcome Trust. 

 
 


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