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Données et modèles de migration pour un monde meilleur

New York, Etats Unis, 9 aout 2019

 

Organisateurs: Yuan Hsiao (University of Washington), Lee Fiorio (University of Washington), et Emilio Zagheni (Max Planck Institute for Demographic Research).

 

L'atelier « Données et modèles de migration pour un monde meilleur : intégrer les perspectives des chercheurs en sciences sociales, des spécialistes des données et des organisations internationales », organisé par le Max Planck Institute for Demographic Research (MPIDR) en collaboration avec le Comité scientifique de l’UIESP sur la démographie numérique, s'est tenu au Hilton Midtown Conference Center (New York Etats-Unis), le 9 août 2019, juste avant la 114e réunion annuelle de l'American Sociological Association (ASA-2019).

 

 

L'objectif de cet atelier était d’encourager les échanges sur l'amélioration des données migratoires en confrontant les sociologues qui connaissent bien les pièges conceptuels  à éviter dans les recherches sur les migrations à deux types d’interlocuteurs : (1) des spécialistes des données qui développent des stratégies pour estimer les migrations à partir des nouvelles données numériques et (2) des représentants d'organisations internationales qui ont des besoins spécifiques pour estimer les différents types de migrations. Les 70 places de l’atelier ont été réservées dans la semaine suivant l'annonce; l'intérêt des chercheurs en sciences sociales montre à quel point les efforts interdisciplinaires sont l'avenir des études migratoires.

 

L'atelier a commencé par une courte introduction (10 minutes) d'Emilio Zagheni (codirecteur du Max Planck Institute for Demographic Research et président du comité UIESP sur la démographie numérique) suivie de deux tables rondes de 4 panélistes chacune. Chaque panéliste a fait une présentation de 15 minutes, avec une discussion générale de 30 minutes après toutes les présentations. Les 63 participants représentaient un large éventail de disciplines.

 

 

La migration joue un rôle central dans les processus démographiques, devenant une composante de plus en plus importante des changements sociaux, économiques et politiques à travers le monde. Compte tenu de ses causes souvent injustes et des transformations sociales qu’elle provoque aussi bien dans les communautés d'origine que dans celles de destination, la migration requiert  l'attention des chercheurs en sciences sociales, notamment ceux qui sont investis dans la lutte contre les inégalités sociales. Cependant, malgré l'importance croissante des phénomènes migratoires, les données sur les migrations restent coûteuses et difficiles à collecter. Différentes institutions utilisent différentes définitions pour répondre à leurs divers besoins, et les chercheurs se heurtent sans cesse aux mêmes difficultés de comparaison de données recueillies dans des contextes différents, sans parvenir à une compréhension plus large des phénomènes.

 

 

Traditionnellement, la recherche sur les migrations s'est surtout appuyée sur des méthodes d'enquête classiques. Cependant, récemment, des chercheurs de différents domaines ont utilisé des outils novateurs pour comprendre la migration, comme l'utilisation de données numériques ou de procédures d'échantillonnage de réseau. La première table ronde a réuni quatre experts qui ont mené des recherches exploratoires avec des méthodes innovantes : Monica Alexander, Kiran Garimella, Maria-Giovanna Merli et Yuan Hsiao. Une question commune à toutes les interventions portait sur la façon dont les sources novatrices de données permettent aux chercheurs en sciences sociales de traiter des processus de migration difficiles à saisir par les méthodes conventionnelles. En outre, ces nouvelles sources de données ne remplacent pas, mais sont plutôt un complément aux recherches conventionnelles.

 

 

Avec des sources et des perspectives de plus en plus diverses pour étudier la migration, il devient encore plus crucial de comprendre comment les données migratoires peuvent participer à un monde social meilleur. La deuxième séance de panel a réuni quatre chercheurs pour répondre à ces questions : Sara Curran, René Flores, Patrick Gerland et Lee Fiorio. Les  intervenants ont discuté diverses questions de fond, mais ils ont tous convenu que pour présenter des applications politiques appropriées, il fallait arriver à une meilleure conceptualisation des processus de migration et examiner les forces et les limites des données migratoires.

 

Les présentations ont suscité un vif intérêt de la part des participants, avec des discussions sur la façon de puiser efficacement dans les données de Twitter ou sur la façon de connaître l'opinion publique sur les immigrants. Les organisateurs auraient souhaité avoir plus de temps pour l'atelier, car les conversations ont été très animées et passionnantes. Ils prévoient de poursuivre cette discussion entre les différentes disciplines et les différents domaines dans un proche avenir.

 

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